Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov

Au départ, j’ai eu du mal avec ce livre, ne voyant pas – pendant  les deux cents premières pages (le livre fait cependant plus de six cents pages) – où il voulait en venir. Puis, j’ai commencé à le trouver génial pour son originalité jusqu’au point culminant du chapitre du bal de Satan qui est un passage superbe, farfelu, avec des descriptions extraordinaires …, j’adore !

L’histoire : Satan, accompagné de ses acolytes – un homme bizarre et immense à la chevelure rousse ou encore un chat noir qui parle et se comporte comme un humain –, débarque à Moscou et installe la panique auprès de ses habitants, dont notamment auprès de l’équipe d’un théâtre de la ville et de leurs spectateurs. Ils vont rendre complètement fou l’ensemble de ces personnes, ou les faire passer pour tel. Mais parmi ces moscovites, une femme – Margueriteest prête à tout pour retrouver celui qu’elle aime – « un écrivain maudit » -, quitte à donner son âme au diable.

Je n’ai pas assez de connaissances historiques à ce sujet pour relater les correspondances de manière très précise, mais sachez que outre les talents d’écriture pour le genre fantastique – vous y croiserez même des sorcières sur leurs balais –, l’autre coup de génie de cet auteur russe est, en pleine dictature, de trouver un moyen de tromper un peu la censure pour pouvoir dépeindre cette époque Stalinienne (bien qu’il a été publié 28 ans après sa rédaction, bien après la fin du règne de Staline).

En effet, alors qu’il se voit interdire sa pièce La Cabale des dévots par les autorités, Mikhaïl Boulgakov a cherché à rédiger une œuvre qui, au travers d’une farce et d’une histoire fantastique, dépeint la dureté du régime soviétique, son musèlement des artistes et leur contribution au développement d’un esprit critique, son asservissement voire abrutissement du peuple, sa domination par la peur … ; sur la quatrième de couverture on peut y lire – et j’aime particulièrement cette tournure  – :

« Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme ».

 

Dès lors, l’œuvre a fasciné notamment le monde des arts et les artistes ; vous pouvez trouver un nombre conséquent d’adaptations cinématographiques, théâtrales, en bandes dessinées … de l’œuvre, des musiciens affirment même avoir été inspirés par ce roman pour écrire l’une de leurs chansons telle que Sympathy for the Devil par les Rolling Stones ou encore Love and Destroy de Franz Ferdinand, Patti Smith, dans son autobiographie M train, l’indique comme l’un de ses livres préférés.

 

C’est donc une œuvre assez complexe mais qui reste très intéressante et qui arrive même malgré le sujet (dit à demi-mot donc) à être amusante !

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*Ne sera pas publié

5 réponses pour “ Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov ”

  1. Je suis déjà passée deux ou trois fois devant ce livre en étant à la fois attirée par cette couverture et en même temps dérouté par le résumé. Finalement ta chronique me donne envie de m’y intéresser puisque c’est une période qui m’intrigue en ce moment.

  2. Je te le conseille ! C’est un livre assez étonnant, qui change un peu je dirais et vaut la peine d’être découvert !

  3. Une fois de plus l’article donne vraiment envie de lire ce roman

  4. C’est d’ailleurs l’un des livres que tu m’as offert à Noël. Que de belles découvertes !

  5. Oui j’en avais entendu parler dans une chronique littéraire qui disait du bien sur l’auteur
    Aussi j’ai cherché ses romans à la Fnac
    Tu m’as donné envie de le lire