La dame du manoir de Wildfell Hall – Anne Brontë

J’ai beaucoup apprécié ce roman et son héroïne : une femme qui n’a pas peur de s’affirmer, de dire ce qu’elle pense – et cela aussi bien devant un public féminin que masculin dont notamment son mari – ou encore d’agir en fonction de son bien être ainsi que de celui de son enfant … .

Ce roman est considéré comme l’un des premiers romans féministes car si la description que je viens de vous en faire juste au-dessus vous semble aujourd’hui aller de soi, il n’en était pas de même au XIXème siècle – époque de la narration comme de la publication de ce roman.

J’ai également aimé la présence de la petite préface de présentation qui nous en révèle davantage sur le contexte de l’écriture de ce roman, avant de commencer la lecture de celui-ci. On découvre notamment que trois personnages masculins des romans des 3 sœurs Brontë – dans Les Hauts de Hurlevent pour Emily Brontë, dans Jane Eyre pour Charlotte Brontë et avec ce roman donc pour Anne Brontë – sont en fait tous trois inspirés de leur frère, un être ravagé par l’alcool. On apprend alors qu’elles le dépeignent chacune avec un style différent : Emily de façon très mystérieuse, Charlotte de façon très passionnée …puis Anne, la plus lucide, en fait une critique très juste et rationnelle.

Dans La dame du manoir de Wildfell Hall, on suit en effet Helen, une jeune femme éprise, malgré les conseils de son oncle et de sa tante, par un jeune homme assez frivole. Assez naïvement, elle pense alors pouvoir jouer de son bon sens pour le guider et en faire un être plus responsable. Mais voilà qu’une fois marié, il s’adonne à la boisson, la trompe … et ne se préoccupe pas le moins du monde de faire son bonheur à elle. Que cela ne tienne, Helen y contribuera alors elle-même !

Là où Helen est montrée comme une femme forte, c’est que si elle demande parfois de l’aide, elle fait cependant toujours les choses par elle-même, garde toujours la tête haute et son sang-froid, n’a pas peur de dire les choses clairement à son mari et cela les yeux dans les yeux … . Sa vie n’est pas facile mais Helen ne tombe pas dans le mélodrame, elle est également prête à se battre pour avancer et prendre sa vie en main pour son bonheur mais surtout celui de leur enfant.

Grâce à ce personnage et à sa force de caractère, si l’histoire n’est pas toujours très joyeuse, on ne la vit pas ainsi. L’atmosphère est d’ailleurs très agréable, on se sent bien dans cet univers victorien.

Si Helen est droite, elle ne nous est pas pour autant présentée dépourvue de sensibilité …, c’est donc un personnage auquel on s’attache facilement.

Au-delà de l’histoire de ce couple, on découvre la société des deux villes où Helen séjournera.

A l’image de Jane Austen – par exemple –, on apprécie aussi avec ce roman, cette façon de décrire en profondeur le caractère de chaque personnage, que ce soit par les pensées d’Helen ou encore par les commérages des uns et des autres.

L’histoire est très bien menée, elle nous tient en haleine, elle a quelque chose d’intrigant dans la façon dont elle est contée. On découvre en effet Helen en tant que Dame du manoir de Wildfell Hall au début puis on découvrira son histoire dans la seconde partie du roman. Elle est donc au départ très mystérieuse et on a hâte d’en apprendre davantage à son sujet, tandis que les commérages sur son compte vont bon train dans le voisinage.

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