Un funambule sur le sable – Gilles Marchand

Avec ce roman, l’auteur traite le handicap – et je dirais, pour certains aspects, cela s’applique aussi aux personnes qui sortent du moule – de façon poétique. Poétique de par sa jolie plume mais aussi de par sa façon d’aborder le sujet puisque ce dont souffre Stradicomme tout le monde le surnommec’est d’avoir un violon dans la tête. Ce qui permet aussi à l’auteur de ne pas vraiment se focaliser sur un handicap en particulier.

On va suivre Stradi depuis sa naissance jusqu’aux prémices de sa vie adulte. De nombreuses situations sont donc abordées par rapport au handicap : les curieux, les moqueries, les difficultés scolaires et sociales ou encore la peur que ses enfants en héritent.

J’ai notamment beaucoup apprécié la façon, très lucide, de nous montrer, qu’au départ toutefois, l’enfant ne vit pas vraiment mal sa différence (au départ il n’a d’ailleurs pas conscience de sa particularité), c’est la confrontation avec les autres qui en font une souffrance.

« Lorsque je doutais, que j’avais peur, je m’isolais à l’intérieur de mon crâne. C’était le moyen que j’avais de me ressourcer, comme une cabane dont j’étais le seul à connaître l’emplacement. […] à la moindre occasion, je m’enfermais dans ma musique comme on s’abrite dans la cabine d’un navire en pleine tempête ».

L’écriture, son style poétique, son originalité … est pour moi ce qui en fait vraiment sa force. C’est plein d’humour parfois aussi.

« Mes parents disaient qu’il [le frère] avait besoin de courir. Moi aussi j’aurais bien eu envie d’avoir besoin de courir. Mais je ‘avais pas le droit, alors je n’avais pas besoin. Ni courir, ni sauter en longueur ou en hauteur. En largeur on ne m’avait rien dit mais je pense que je n’avais pas l’autorisation non plus. »

Cependant, on nous vante le roman comme joyeux, des parents très optimistes … j’ai été déçue sur cet aspect-là.

J’ai trouvé les parents au contraire vraiment très anxieux, certes très aimant mais trop obnubilés par la recherche d’une guérison possible ou encore à vouloir devancer toutes les souffrances qu’il pourrait endurer dû au regard des autres – sans veiller à ne pas lui transmettre leurs peurs – plutôt que profiter pleinement de moments de familles ou encore lui apprendre à ne pas se soucier de ce que pensent les autres de lui.

Malgré tout, dans ce roman il est aussi question d’une grande amitié ou encore d’amour, rappelant évidemment que le vrai amour est d’aimer la personne telle qu’elle est, sans chercher à la changer, mais plutôt à s’adapter … ce qui rend le roman un peu plus léger. La musique a aussi une place prépondérante, que ce soit par la présence de son violon ou du meilleur ami grand passionné de musique.

Puis j’ai adoré la force de caractère de Stradic’est surement lui le vrai optimiste de l’histoire -, sa persévérance, doux rêveur également.

 

Ce n’a donc pas été un vrai coup de cœur comme j’avais espéré, mais c’est un très beau roman tout de même que je vous recommande fortement !

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