Un lieu à soi – Virginia Woolf

Un lieu à soi est un ouvrage très agréable à lire grâce à la jolie plume de Virginia Woolf, saisissante, qui arrive à nous embarquer et qui n’est pas dénuée d’un certain humour ; mais aussi parce que s’il s’agit d’un essai, Woolf nous le narre comme un roman.

Il traite d’un sujet très intéressant, important, primordial … les femmes écrivaines.

On va donc suivre avec plaisir les réflexions et les recherches de Woolf à ce sujet avec un ouvrage au final très documenté.

Virginia Woolf s’est intéressée aux causes qui ont empêché les femmes d’écrire et elle en trouve plusieurs raisons.

Comment pouvaient-elles écrire si les hommes les croyaient inférieures – comme en témoigne un ouvrage qu’elle évoque : « Professeur von X dans l’action d’écrire son monumental travail intitulé De l’infériorité mentale, morale et physique du sexe féminin » et qu’ils estimaient que l’écriture n’était pas une activité pour les femmes :

« on mesure l’opposition qui était dans l’air contre le fait qu’une femme écrive, quand on se rend compte que même une femme avec une grande disposition à écrire en était venue à se convaincre qu’écrire un livre, c’était se montrer ridicule, voire passer pour folle »

Il fallait donc du courage pour écrire malgré tout :

« Quel génie, quelle intégrité fallait-il pour faire face à toute cette réprobation, au cœur de cette société purement patriarcale, pour tenir bon dans leur façon de voir, sans se dérober. Seule Jane Austen le fit, et Emily Brontë. » Et encore vous découvrirez que celles qui s’y risquaient ne le faisaient pas si sereinement.

Ensuite pour Woolf, ces femmes, n’ayant pas de prédécesseurs, n’avaient pas de modèles et une fois de plus les hommes pensaient savoir comment il faut écrire :

« Elles écrivaient comme écrivent les femmes, pas comme les hommes écrivent. Parmi les milliers de femmes qui écrivaient des romans, elles seules ignorèrent les perpétuelles remontrances du pédagogue éternel – écris ceci, pense ça. Elles seules furent sourdes à cette voix persistante ».

Mais ce que stipule surtout Woolf, c’est que pour pouvoir écrire, il manquait surtout à ces femmes un salaire pour partir s’imprégner du monde et un lieu pour écrire sans être dérangé :

« une rente de cinq cents livres comme une métaphore de la capacité à contempler, et une porte qui ferme à clef comme une représentation de la capacité à penser par soi-même ».

C’est donc au final un livre très féministe avec lequel Woolf a pour visée d’appeler les femmes à écrire !

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*Ne sera pas publié

2 réponses pour “ Un lieu à soi – Virginia Woolf ”

  1. Bravo
    Je vais le lire dès que je peux

  2. Je te le conseille ! 🙂